Abstract
Introduction
Les guerres civiles congolaises sanglantes, qui ont duré de 1996 à 2003, ont représenté certaines des plus graves tragédies humanitaires que le monde ait connues, avec près de 5,4 millions de vies perdues2 et un déplacement massif de population et des pénuries alimentaires.3Ce fut le
conflit le plus meurtrier de l’histoire contemporaine de l’Afrique, incluant deux cycles de combat impliquant les armées d’au moins six autres pays.4En 2011, Channel Research a mis en évidence trois composantes principales jetant de l’huile sur le feu de la violence et de la fragmentation
en République démocratique du Congo (RDC): (1) griefs ethniques et identités conflictuelles; (2) les effets de l’effondrement de l’État, y compris les luttes de pouvoir entre élites; et (3) les conflits sur les ressources.5 Jusqu’à la crise constitutionnelle de 2016-2017, certains progrès ont
été constatés, mais la situation actuelle la RDC est caractérisée par l’incertitude et l’instabilité.
L’Union Européenne (UE) s’est impliquée dans les conflits en RDC depuis 2002 et a été, et continue d’être, l’un des donateurs internationaux les plus importants en RDC à travers son aide humanitaire, ainsi que ses programmes de réhabilitation et de renforcement des capacités. Cependant, la RDC a été rétives aux réformes et l’UE a eu du mal à mettre en œuvre avec succès ses initiatives de réforme du secteur de la sécurité (RSS). Certains informateurs, interrogés dans le cadre du projet Amélioration de l’efficacité des capacités dans la prévention des conflits par l’UE (IECEU), sont allés jusqu’à considérer que le projet de l’UE était un échec, tandis que d’autres informateurs clés ont contesté le principe que, dans certaines situations, il est préférable de faire quelque chose que de ne rien faire. Au cours des trois dernières années, l’UE a réduit son engagement en RDC et a réorienté son attention sur les régions du nord de l’Afrique, à la place, déplaçant ainsi ses principales priorités vers les risques de sécurité associés aux migrations, aux cconflits et à la radicalisation dans les zones proches des frontières extérieures de l’UE
Le présent dossier vise à analyser et évaluer l’efficacité des deux missions de la Politique de Sécurité et de Défense Commune (PSDC) de l’UE en 2005 en RDC. Il s’appuie sur les données empiriques recueillies et analysées par l’IECEU, qui incluent des entretiens et un travail effectués
directement sur le terrain. La structure de ce dossier est la suivante: Premièrement, il fournit un bref aperçu de l’histoire congolaise, les bases du conflit actuel dans la région et l’implication de l’UE à cet égard. Deuxièmement, il décrit les objectifs et les obstacles en termes de défis internes et externes rencontrés par la mission de police de l’Union Européenne (EUPOL) et la mission de l’UE chargée de fournir du conseil et une assistance pour la réforme du secteur de la sécurité dans le République Démocratique du Congo (EUSEC). Troisièmement, il analyse et expose les insuffisances stratégiques et opérationnelles de ces missions et les enseignements tirés. L’objectif de ce dossier est d’analyser la contribution des deux missions à la situation de sécurité globale dans la région. Sur la base de ces intentions, la question suivante est posée: Pourquoi les missions EUPOL et EUSEC n’ont pas atteint leurs objectifs et peut-on tirer quelques enseignements de leurs lacunes ? Cette étude ne tient ni compte, ni n’inclut, tous les facteurs et éléments nécessaires pour répondre à cette question, mais met en évidence les résultats les plus significatifs du projet IECEU dans ce cas.